Reflet des mes expériences et de mes découvertes, cet espace est consacré au Moyen-Âge et à la Renaissance.
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répertoire des polices, mais il est possible que la nouvelle police n'apparaisse qu'au prochain redémarrage.
Le projet global qui servira de fil conducteur aux billets qui seront publiés ici est expliqué dans un mot d'accueil, Bienvenue au
jardin(s).
Parce que la technique mise en défaut a parfois du bon, en ce qu'elle nous pousse à sortir de la routine et fait germer les idées les plus inattendues.
Alors, peut-être, les promesses que ramène le début du printemps fleuriront, ici ou ailleurs.
Surprise...
Je remercie Cécile Dupeux, conservatrice du Musée de l'Œuvre Notre Dame, et Alexandre Kirstetter, chargé de communication des musées de la ville de Strasbourg, pour leur écoute et l'aide qu'ils
ont bien voulu m'apporter.
Les mots en gras dans le texte matérialisent des liens hypertexte.
Petit rappel des épisodes précédents.
Fin 2007, on apprend que la candidature de la ville de Strasbourg au titre de capitale européenne de la culture en 2013 est évincée au profit de celles de Lyon, Marseille, Bordeaux et Toulouse.
Sans minimiser les qualités des villes retenues, ce choix a de quoi laisser profondément perplexe. Les atouts patrimoniaux et les initiatives culturelles de la capitale alsacienne seraient-ils,
en effet, à ce point insuffisants pour qu'on l'écarte ainsi d'une chiquenaude ? Au moment où Paris joue la carte d'un glamour tragique mais, finalement, plutôt consensuel, en mettant à
l'honneur Marie-Antoinette (Grand Palais, du 15 mars au 30 juin 2008), Strasbourg s'apprête à apporter un démenti cinglant à l'ostracisme discret mais réel dont elle fait encore l'objet.
Auriez-vous
soupçonné la place éminente qu'occupait cette ville libre du Saint Empire romain germanique au début du XVe siècle ? Voici ce que devrait rappeler et illustrer l'exposition
Strasbourg 1400 qui se tiendra au sein du Musée de l'Œuvre Notre Dame du
28 mars au 6 juillet 2008. Forte des joyaux des collections de cet établissement, augmentées pour l'occasion de prêts d'autres musées et de possesseurs privés, cette manifestation va faire
revivre l'extraordinaire éclosion artistique qui s'est produite au moment où le chantier de la célèbre cathédrale, objet tant d'admiration que d'émulation pour les générations futures, atteignait
son apogée. Qu'il s'agisse des recherches, qui trouveront avec Nicolas de Leyde
(c.1420 ?-1473, actif à Strasbourg entre 1462 et 1467) un accomplissement majeur, menées par les sculpteurs pour faire parler la pierre avec toujours plus d'expressivité, ou des trouvailles
picturales des tenants du style « tendre » (weicher Stil), illustrées notamment par le mystérieux et prodigieux Maître du Paradiesgärtlein, le parcours propose, en
s'appuyant sur les travaux scientifiques les plus récents, un regard différent sur le mode d'expression qui s'est imposé dans toute l'Europe durant une soixantaine d'années (c.1370-c.1430) et
dont l'influence perdure même jusqu'au milieu du XVe siècle, notamment en territoires rhénans, dans ce que nous connaissons, par exemple, de l'œuvre de Stefan Lochner (c.1400 ?-1451) : le « gothique international ».
Tout de fluidité des lignes et de raffinement extrême
dans le traitement pictural, cet art, intégrant des influences venues d'Italie (Nativité de la Vierge, Doute de Saint Joseph) et de Bohême, offre des images d'une grande
subtilité, où passe parfois une ombre de mélancolie, comme dans le Jardinet de Paradis, œuvre
d'un artiste strasbourgeois anonyme (Francfort, Städelsches Kunstinstitut), mais sait aussi faire place à une douleur expressionniste (Crucifixionau Dominicain, Colmar, Musée
d'Unterlinden) que l'on peut voir comme annonciatrice de celle qui marquera les œuvres de Grünewald (c.1475/80-1528), récemment mis à l'honneur dans une mémorable double exposition. Les œuvres réunies dans le cadre de l'exposition, qu'il s'agisse de
plans architecturaux, de manuscrits enluminés, de pièces d'orfèvrerie ou de panneaux peints, vont ainsi permettre au visiteur de se faire une idée précise du raffinement grandissant induit par
les demandes émanant des couches aisées de la cité de Strasbourg qui n'était, à cette époque gouvernée par aucun prince, mais où s'est néanmoins épanoui un langage qui ne cède en rien à celui
développé dans les plus prestigieuses Cours de l'époque.
Vous l'avez compris, chers lecteurs, si vous ne devez voir qu'une seule exposition au cours du premier semestre de l'année 2008, c'est sans conteste à Strasbourg que je vous conseille de vous
rendre. Outre le voyage dans le temps que vous offriront sans doute les trésors rassemblés dans le cadre de Strasbourg 1400, la richesse des musées et du patrimoine de la ville vous
permettront également d'apprécier à leur juste valeur une cité et une région dont le rayonnement culturel, passé comme présent, est plus qu'important : capital.
Strasbourg 1400, un foyer d'art dans l'Europe gothique, du 28 mars au 6 juillet 2007. Musée de l'Œuvre Notre Dame, 3 place du Château, 67000 Strasbourg.
Pour accéder au site du musée, cliquez sur l'icône ci-après :
Horaires d'ouverture :
Du mardi au vendredi de 11h00 à 18h00, les samedis et dimanches de 10h00 à 18h00. Nocturne gratuite les mardis de 18h00 à 21h00. Fermeture le lundi.
Martin SCHONGAUER (c.1450-1491) et atelier, Retable d’Orlier (c.1470) : Annonciation (détail).
Huile sur bois, Colmar, Musée d’Unterlinden.
Es kumpft ein schiff geladen
recht vff sin höchstes port,
es bringt vns den sune des vatters,
das ewig wore wort.
Vff ainem stillen wage
kumpft vns das schiffelin,
es bringt vns riche gabe,
die heren künigin.
Maria, du edler rose,
aller sälden ain zwy,
du schöner zitenlose,
mach vns von sünden fry.
Das schifflin das gat stille
vnd bringt vns richen last,
der segel ist die minne,
der hailig gaist der mast.
Johannes TAULER (c.1300-1361).
Prédicateur fameux, élève du non moins célèbre Maître Eckhart (c.1260-c.1328), on doit surtout à Tauler, qui fut actif principalement à Strasbourg et Ulm, des sermons qui mêlent habilement
glose et anecdotes. Ce poème est le seul qui ait été préservé sous son nom.
Musique :
Mit vrouden quam der engel, chanson spirituelle extraite du Chansonnier d’Anna de Cologne, compilé vers 1500, mais contenant du matériel musical bien antérieur à cette date.
Ars Choralis Coeln – Maria JONAS, chant, vièle à roue & direction.
Extrait de :
Rose van
Jhericho, Das Liederbuch der Anna von Köln. 1 CD Raumklang RK 2604.
Un des enregistrements de musique ancienne les plus aboutis de l’année 2007, présentant un répertoire scandaleusement négligé, restitué avec enthousiasme et professionnalisme par un ensemble dont
la prestation rappelle à la fois les belles heures passées du Sequentia de Barbara Thornton et celles, présentes, du Discantus mené par Brigitte Lesne. Les amateurs de musique tardo-médiévale
m’auront compris, et devraient faire leur miel de ce disque.
[Mit vrouden quam der engel (Empli de joie, l’ange arriva) met en scène le dialogue entre l’archange Gabriel et Marie lors de l’Annonciation. Le messager ailé apprend à la
Vierge qu’elle a été choisie pour porter le Fils de Dieu, ce qu’elle accepte avec humilité. L’archange s’en retourne alors vers les cieux empli de la même joie que celle qui avait marqué son
arrivée.
Traduction du poème de Tauler :
Un navire s’en vient chargé
droit dessus son port suprême,
il nous porte le fils du Père,
la parole éternellement vraie.
Sur une onde tranquille
le joli navire nous vient,
il nous porte riche offrande,
la très-haute souveraine.
Ô Marie, noble rose,
rameau de toutes les grâces,
joli crocus immortel,
délivre-nous du péché.
Le joli navire va tranquille,
nous portant grand changement,
la grand-voile c’est l’Amour,
et l’Esprit-Saint c’est le mât.
Vierge à l’enfant, enluminure sur parchemin d’un livre d’heures. Angleterre (Londres), c.1410. Manuscrit Stowe 16, Londres, British Library.
I sing of a maiden
That is makelees:
King of alle kinges
To her sone she chees.
He cam also stille
Ther his moder was
As dewe in Aprille
That falleth on the gras.
He cam also stille
To his modres bowr
As dewe in Aprille
That falleth on the flowr.
He cam also stille
Ther his moder lay
As dewe in Aprille
That falleth on the spray.
Moder and maiden
Was nevere noon but she:
Wel may swich a lady
Godes moder be.
Anonyme anglais, XIVe ou XVe siècle.
Musique :
Walter LAMBE (c.1450/51-après 1504) : Nesciens mater, extrait de l’Eton Choirbook,
recueil d’œuvres écrites dans les quarante dernières
années du XVe siècle, compilé vers 1504-1505.
The Cardinall’s Musick – Andrew CARWOOD, direction.
Extrait de :
Music at All Souls,
Oxford (Œuvres des XVe et XVIe siècles). 1 CD ASV « Gaudeamus » CD GAU 196.
[Original & traduction du texte chanté :
Nesciens mater virgo virum peperit sine dolore salvatorem seculorum.
Ipsum regem angelorum sola virgo lactabat ubera de celo plena.
Sans connaître d’homme, la vierge mère accoucha sans douleur du sauveur du monde.
Cette vierge seule allaita le roi des anges avec le lait des cieux.
Traduction du poème :
Je chante une vierge
Qui est sans pareille :
Le Roi de tous rois
Pour fils elle prit.
Il vint sans un bruit
Où sa mère était,
Tel rosée d’avril
Sur l’herbe tombant.
Il vint sans un bruit
Entrant chez sa mère
Tel rosée d’avril
Sur la fleur tombant.
Il vint sans un bruit
Où reposait sa mère
Tel rosée d’avril
Sur le rameau tombant.
Oui, de mère et de vierge
Il n’exista qu’elle :
Oui, semblable dame
De Dieu peut être mère.
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